![]() |
| vous êtes sur la page temoignage - 555 |
CLASSE DU CŒUR A HUE (VIETNAM)
![]() TEMOIGNAGE : UNE « CLASSE DU CŒUR » A HUE (VIETNAM) Ils sont plutôt à l’ « école de la vie » ces gosses des rues qui nous observent, nous les visiteurs venus de loin jusque dans la ruelle ancienne d’un quartier défavorisé de la ville de HUE où niche une de ces mystérieuses « classes du coeur » dont on m’avait parlé à SOS Enfants Sans Frontières (qui les aide dans le cadre de son programme sur les « enfants des rues »). Les regards sont amusés, à peine curieux, parfois insolents et les petits chefs de bande se distinguent vite. Un peu à l’écart, bien sages et dignes, trois gamines d’une dizaine d’années, les cahiers grand ouverts devant elles, nous fixent droit dans les yeux. Elles paraissent inséparables. Un des élèves, parmi les plus âgés, aligne des chiffres au tableau noir aux côtés de l’institutrice. L’atmosphère est studieuse. Nous sommes dans un jardin calme et dans la fraîcheur du soir. Garçons et filles mélangés, d’âges et de niveaux scolaires différents, ils sont tous venus de leur plein gré, après une dure journée à sillonner à pied ou à vélo (qu’ils se partagent) les rues de la ville à la recherche de petits boulots. Pas le temps ni les moyens d’aller à l’école. Les familles, quand ils en ont une, sont trop pauvres. Souvent, ce sont des enfants de sampaniers, ces nomades du fleuve, qui vivent sur leurs barques plates, et dont les plus misérables végètent dans ces sortes de bidonvilles flottants le long de la Rivière des Parfums. Jusqu’à ce qu’une bienfaitrice ouvre sa porte à ces gamins. Cette dame, qui est venue accueillir notre petite délégation, a une grande maison, qui donne sur l’étroite rue. Elle a installé une véritable classe sur la terrasse de son jardin, avec de grandes tables, des bancs et un tableau noir. Une institutrice bénévole vient trois fois par semaine dans cette classe unique (trois niveaux de cours). Elle nous dit que les enfants viennent régulièrement et sont très motivés et courageux. La preuve en est que cette classe est reconnue. Certains parviennent à passer des examens officiels qui leur permettent de réintégrer l’école publique. Cette visite a été un de mes « coups de coeur » du séjour que je viens de faire à HUE, ayant eu la chance de pouvoir accompagner une mission de SOS ESF (où je suis bénévole depuis deux ans). Bien sûr il y a eu d’autres moments d’émotion, comme la rencontre avec le petit bonhomme qui se tord les mains de timidité et qui est mon filleul, les visites des écoles de la campagne, plantées au milieu des bambous, bananiers, pamplemoussiers, poivriers, l’accueil des religieuses, catholiques et bonzesses, qui dirigent les écoles avec une grande autorité et sont tout autant fières de leurs jardins potagers, et tous ces regards d’enfants ….si sérieux et si confiants. Marie-Paule Gallo, mars 2007 |
|
| retour au mode standard | Site réalisé par [E]cedi |